Votre urologue vous a proposé une urétéroscopie pour traiter un calcul urinaire ou pour explorer vos voies urinaires. Comme pour toute intervention chirurgicale, il vous a parlé des complications possibles. C’est normal — et même obligatoire — de vous informer. Mais cette liste peut parfois sembler impressionnante et générer de l’anxiété.
L’objectif de cet article est de vous expliquer ces complications de manière claire et honnête, tout en vous rassurant : oui, des complications peuvent survenir, mais elles sont rares, généralement mineures, et il existe toujours des solutions pour les prendre en charge. C’est d’ailleurs parce que nous les connaissons bien que nous savons les prévenir et les traiter.
L’urétéroscopie : une intervention sûre et maîtrisée
Commençons par les bonnes nouvelles. L’urétéroscopie est l’une des interventions les plus fréquemment réalisées en urologie. Elle a bénéficié de progrès techniques considérables ces vingt dernières années : des endoscopes plus fins, plus souples, des lasers plus précis, des gaines d’accès plus performantes. Ces avancées ont permis de réduire significativement les complications.
Les études scientifiques les plus récentes sont rassurantes : les complications sont rares et le plus souvent mineures. La grande majorité des patients rentrent chez eux le jour même ou le lendemain, sans problème particulier. Une revue complète confirme que l’urétéroscopie reste une procédure peu morbide, même si — comme toute intervention — elle n’est pas totalement dénuée de risques.

Les complications mineures : fréquentes mais sans gravité
L’hématurie (sang dans les urines)
C’est la suite opératoire la plus courante. Voir du sang dans vos urines après une urétéroscopie est normal et attendu. Le passage des instruments dans les voies urinaires provoque de petites irritations de la muqueuse. Cette hématurie est généralement transitoire — elle disparaît en 24 à 48 heures — et ne nécessite aucun traitement particulier, si ce n’est de bien boire pour éclaircir les urines.
Dans de rares cas (moins de 6 % des patients), l’hématurie peut persister un peu plus longtemps. Elle reste le plus souvent modérée et se résout spontanément. Les situations nécessitant une transfusion ou un geste complémentaire sont exceptionnelles (moins de 1 % des cas).
Ce que vous pouvez faire : buvez abondamment (1,5 à 2 litres par jour) pour « laver » vos voies urinaires. Si le saignement persiste au-delà de quelques jours ou s’intensifie, contactez votre urologue.
La douleur et la colique néphrétique
Une gêne dans le flanc ou le bas-ventre est fréquente dans les jours qui suivent l’intervention. Elle survient chez 1 à 10 % des patients et est liée à l’irritation des voies urinaires par le passage des instruments ou par la présence d’une sonde JJ (si elle a été posée).

sonde JJ
Cette douleur est généralement bien contrôlée par des antalgiques simples (paracétamol). Les anti-inflammatoires peuvent être utilisés sur avis médical. Dans la grande majorité des cas, elle s’estompe en quelques jours.
Parfois, un œdème (gonflement) de la paroi de l’uretère peut provoquer une véritable colique néphrétique dans les jours suivant l’intervention. C’est inconfortable, mais ce n’est pas grave : cela signifie simplement que l’urine a du mal à s’écouler temporairement. Un drainage peut être nécessaire si la douleur ne cède pas aux antalgiques.
Ce que vous pouvez faire : prenez vos antalgiques comme prescrit, ne les économisez pas. Si la douleur devient intense et ne répond pas aux médicaments, ou si vous avez de la fièvre, contactez votre urologue ou rendez-vous aux urgences.
La fièvre
Une fièvre modérée peut survenir dans les premières 48 heures chez 2 à 15 % des patients. Elle ne signifie pas forcément une infection — il peut s’agir d’une simple réaction inflammatoire du rein au geste opératoire.
Cependant, une fièvre élevée (supérieure à 38,5°C), accompagnée de frissons, de douleurs lombaires ou d’un malaise général, doit vous alerter : elle peut être le signe d’une infection urinaire qui nécessite un traitement antibiotique, voire un drainage de la voie urinaire.
Ce que vous pouvez faire : surveillez votre température. Une fièvre modérée isolée n’est pas inquiétante. En revanche, si elle est élevée ou associée à d’autres symptômes, contactez rapidement votre médecin.
Les complications plus sérieuses : rares mais prises en charge
Les lésions de l’uretère
L’uretère est le canal qui relie le rein à la vessie. Le passage des instruments peut parfois provoquer des lésions de sa paroi, allant de la simple érosion superficielle à la perforation. Ces lésions surviennent dans 0,5 à 10 % des cas selon leur gravité.
- Les érosions muqueuses sont fréquentes et sans conséquence. Elles guérissent spontanément.
- Les perforations sont plus rares (0,3 à 7 % des cas). Lorsqu’elles surviennent, elles sont généralement diagnostiquées pendant l’intervention et traitées immédiatement par la mise en place d’une sonde JJ pour quelques semaines, le temps que la paroi cicatrise.
- L’avulsion urétérale (arrachement complet de l’uretère) est exceptionnelle — moins de 0,1 % des cas. C’est une complication grave mais très rare, qui nécessite une intervention chirurgicale de réparation.
Ce qu’il faut retenir : ces lésions sont connues des urologues, qui prennent des précautions pour les éviter. Lorsqu’elles surviennent, elles sont prises en charge immédiatement.
L’infection urinaire et le sepsis
Une infection urinaire après urétéroscopie survient dans 0,2 à 15 % des cas. Dans l’immense majorité des situations, elle se traite simplement par des antibiotiques.
Le sepsis (infection généralisée d’origine urinaire) est une complication rare (0,1 à 4 % des cas) mais potentiellement grave. Il survient plus fréquemment chez certains patients à risque. Le sepsis nécessite une prise en charge rapide en milieu hospitalier. Détecté et traité à temps, il évolue favorablement dans la grande majorité des cas.
Ce que vous pouvez faire : respectez les consignes préopératoires (analyse d’urine, traitement d’une éventuelle infection). Après l’intervention, surveillez les signes d’alerte : fièvre élevée, frissons, malaise.
La sténose urétérale (rétrécissement)
C’est une complication tardive, qui survient parfois plusieurs semaines ou mois après l’intervention. L’uretère peut se rétrécir au niveau d’une zone qui a été traumatisée. Cette complication concerne jusqu’à 3 % des patients.
Les solutions existent : dilatation endoscopique, incision au laser, voire chirurgie réparatrice. La plupart des sténoses se traitent efficacement par voie endoscopique.
Des complications rares mais spectaculaires (et toujours gérables)
Les collections périrénales (urinome, hématome, abcès)
Après une urétéroscopie, du liquide peut parfois s’accumuler autour du rein. C’est rare (jusqu’à 2 % des cas). Ces collections se résorbent souvent spontanément. Si elles sont volumineuses ou s’infectent, un drainage percutané peut être nécessaire.
Les lésions vasculaires
Les pseudo-anévrismes et fistules artérioveineuses sont des complications exceptionnelles. Le traitement repose sur l’embolisation : un radiologue interventionnel bouche le vaisseau responsable par voie endovasculaire. C’est un geste peu invasif et très efficace.
Les complications liées à la sonde JJ
La sonde JJ est souvent posée en fin d’intervention pour faciliter le drainage de l’urine. Elle peut occasionner des désagréments : envies fréquentes d’uriner, douleurs dans le flanc ou la vessie, sang dans les urines. Ces symptômes sont inconfortables mais temporaires — ils disparaissent au retrait de la sonde.
Pourquoi ces complications ne doivent pas vous effrayer
Parce qu’elles sont anticipées
Avant chaque intervention, votre urologue évalue votre risque individuel grâce à un bilan complet. Cette préparation minutieuse réduit considérablement le risque de complications.
Parce qu’elles sont détectées rapidement
La plupart des complications surviennent pendant l’intervention ou dans les jours qui suivent. Elles sont donc diagnostiquées précocement, ce qui permet une prise en charge rapide et efficace.
Parce qu’il existe toujours des solutions
C’est peut-être le message le plus important de cet article : quelle que soit la complication, il existe une solution. La médecine moderne dispose d’un arsenal thérapeutique complet pour faire face à toutes ces situations.
Ce que vous pouvez faire pour limiter les risques
- Signalez vos antécédents : infections urinaires répétées, diabète, traitements anticoagulants, allergies aux antibiotiques.
- Respectez le jeûne préopératoire et les consignes de préparation.
- Buvez abondamment après l’intervention pour favoriser l’élimination des petits fragments et éclaircir les urines.
- Surveillez les signes d’alerte : fièvre élevée, douleur intense ne cédant pas aux antalgiques, hématurie abondante. En cas de doute, contactez votre urologue ou rendez-vous aux urgences.
- Ne manquez pas le rendez-vous de contrôle : il permet de vérifier que tout évolue favorablement et de retirer la sonde JJ.
En résumé
L’urétéroscopie est une intervention sûre et bien maîtrisée. Comme toute chirurgie, elle comporte des risques, mais ceux-ci sont :
- Rares : la grande majorité des patients n’ont aucune complication significative.
- Généralement mineurs : hématurie transitoire, douleur modérée, fièvre passagère.
- Toujours gérables : pour chaque complication, il existe une solution thérapeutique efficace.




